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Titre : NON, LA REPUBLIQUE HUMANISTE NE DOIT PAS LAISSER MOURIR SES ENFANTS !
| Date : | 29/04/2002 | | Media : | Madagascar Tribune | | N° : | 4042 | | Page : | 4 | | | | | | | | | L'Accord du 18 avril 2002 signé par MM. Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana stipule cinq articles générant des devoirs pour chaque partie. Les articles de 1 à 4 de cet Accord préconisent un nouveau décompte des voix et la mise en oeuvre d'une nouvelle consultation du peuple par les urnes dans le cas d'une majorité relative. Cette procédure est enclenchée depuis le 22 avril 2002 suivant les termes de l'Accord. L'article 5 de ce même texte enregistre l'engagement des parties à faire respecter la libre circulation des biens et des personnes, la levée de tous les barrages sur toute l'étendue du territoire. Les barrages érigés dans différentes provinces, et en particulier celui de Brickaville, sont l'oeuvre des partisans du président sortant. Les observateurs internationaux tels que les missions diplomatiques et les journalistes de l'AFP et de Reuter confirment cet état de fait. Aujourd'hui 29 avril 2002, la liberté de circulation des biens et des personnes n'est toujours pas effective en raison de la non levée des barrages. L'engagement contenu dans l'article 5 de l'Accord de Dakar n'est donc pas respecté à ce jour. Cet irrespect d'une part pourrait engendrer la mise en oeuvre de la responsabilité morale du cocontractant défaillant et, d'autre part, il a pour conséquence de pérenniser une situation humanitaire grave : malnutrition, début de famine du fait de la pénurie de vivres et de la flambée des prix, absence de médicaments... Une augmentation alarmante de la mortalité infantile a été enregistrée dans plusieurs régions de l'île au cours de ces deux derniers mois. Une solution rapide doit donc être trouvée afin qu'aucun acteur, ni sur le plan national, ni sur le plan international ne soit rendu complice d'une non prise en considération des droits les plus élémentaires de l'être humain, dont la protection est prévue par de nombreuses conventions déjà ratifiées par Madagascar. L'écoulement du temps rend l'inaction meurtrière. Conscients de ce danger, les membres de l'OUA ne ménagent pas leurs efforts pour accompagner l'accord et dépêchent sous peu une délégation à cet effet. C'est dans le même esprit que le Tribunal Pénal International pourrait servir de médiateur dans la concrétisation de l'article 5 de l'Accord de Dakar. Il est demandé à M. Didier Ratsiraka de réparer son oubli : celui du respect de l'article 5 en intimant à ses partisans l'ouverture des barrages. Le poids de son autorité est de notoriété publique et il ne fait aucun doute qu'un tel geste soit accueilli dans toute sa mesure. De même, il nous appartient, à nous citoyennes et citoyens de Madagascar de prendre notre part de responsabilité afin que la vie ne meure pas en terre malgache.
PITIK'AFO. | | | | Vos commentaires sur cet article |
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