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Titre : LA NATURE EST GENERATRICE DE PROFITS SI …
| Date : | 04/11/2002 | | Media : | Madagascar Magazine | | | | | | | | | Cette réflexion a été occasionnée par une rencontre à la fois riche en connaissances et en émotions avec Madame Allorge, chercheur au Muséum d’Histoire Naturelle de l’Université de Paris VII qui continue l’œuvre de son père sur l’étude des plantes malgaches, le naturaliste Pierre Boiteau. Nous la remercions chaleureusement.
Cent et unes études ont été menées sur la Grande Ile concluant invariablement sur la richesse de sa biodiversité … en voie de disparition. Des dons financiers accordés par les différents organismes mondiaux ces trente dernières années se sont perdus dans les méandres de la corruption administrative et politique. Résultat : juin 2002 : la situation s’est empirée, les pratiques traditionnelles du tavy, le commerce du charbon de bois liés à la pauvreté et à l’ignorance continuent de détruire le portion de forêt primaire qui reste et de dénuder les sols.
9000 tonnes de plantes sont exportées chaque année sans que l’on songe véritablement à replanter, des variétés étrangères, tel que le banxia d’Australie sont introduites auprès des forêts menaçant l’équilibre de ces dernières.
L’économie constitue la priorité du nouveau gouvernement, ainsi que la lutte contre la pauvreté. Imposer reboisement et replantation des espèces cueillies (calofilum, ravintsara…) aux populations et aux opérateurs économiques qui les exploitent ne constitue t-il pas un minimum ? Une gestion rationnelle du commerce des plantes médicinales permettrait une ouverture saine du marché au plus grand nombre et la mise en place d’une politique d’agroforesterie répondrait aux besoins vitaux des paysans. Aux Philippines, l’expérience de l’île de Laïté a fait ses preuves : le reboisement et une gestion efficace de la sylviculture par les paysans eux-mêmes ont décuplé leurs revenus en dix ans. La volonté des gouvernants s’avère déterminante dans l’éducation et la sensibilisation de la population.
Chacun peut et a l’obligation de s’investir en action et en capital, s’il en dispose ; néanmoins, il appartient à l’Etat d’offrir un cadre sûr et des balises pour que la manne naturelle dure. La concurrence étrangère s’éveille : Cameroun et Viet Nam produisent déjà du Cenda Asiatica (talapetraka) de qualité quasi équivalente à la nôtre, et ceci n’est qu’un exemple.
Alors, qu’attendons-nous pour agir ?
PITIK’AFO.
Remerciements à Madame Allorge ainsi qu’à Monsieur Richard RAJAONARISON. | | | | Vos commentaires sur cet article |
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