| | | | | Date : | 30/06/2002 | | | Il n'est nul besoin de rappeler l'importance de l'éducation dans la formation d'adultes libres et responsables, apte à assumer leur destinée et celle de leur pays. Dans ce processus, l'Ecole joue un rôle déterminant. D'une part, il lui appartient de transmettre des valeurs à nos enfants afin qu'ils vivent dans le respect de notre culture à la fois républicaine et traditionnelle. D'autre part, l'Ecole a pour tâche d'inculquer un savoir universel à la fois littéraire, scientifique, technique qui permettra à la jeunesse malgache de répondre aux défis du développement et du nouveau siècle dans un esprit d'ouverture.
- L'ambition de former des adultes libres :
Dans un monde toujours plus complexe, seule l'acquisition d'un savoir solide permet d'accéder à la véritable liberté, celle de penser, de s'exprimer, d'agir en étant à la fois affranchi des obscurantismes toujours latents et aptes à déchiffrer les informations devenues multiples.
Il revient aux enseignants d'accompagner l'élève dans cette concrétisation de sa liberté , en l'invitant sans cesse à la réflexion, à la recherche, à la reconnaissance de l'expérience. La réussite de cet objectif dépend de la conjugaison de plusieurs facteurs :
- le contenu : des données universelles indispensables à la culture de tout enfant, des mythes, des légendes, des valeurs, des idéaux pour structurer son identité d'être humain, de Malgache et de citoyen. Il ne s'agit en aucune manière d'inculquer un dogme ou d'endoctriner, mais plutôt de former un esprit critique en offrant de la matière.
- la méthode : Elle combine l'administration magistrale d'un cours technique, base essentielle et l'invitation faite aux élèves de s'interroger toujours afin de comprendre et de progresser. L'apprentissage de la prise de parole s'avère essentiel pour permettre à l'enfant de savoir exprimer clairement une idée ou une question d'une part et d'autre part, pour vivre la tolérance par la communication.
- la revalorisation des métiers de l'enseignement . Des instituteurs et des professeurs dépend la force intellectuelle des adultes de demain. Plus qu'un métier, il s'agit d'un engagement qui doit être reconnu comme tel . C'est pour cette raison que leur formation devra être des plus rigoureuses et des plus qualifiantes possibles ; qu'en permanence, ils aient soif d'apprendre eux-même et de transmettre honnêtement leur connaissance. L'Etat et le peuple aura tout à gagner à leur témoigner respect et gratitude notamment financière au vu de la responsabilité qui est la leur.
La liberté consiste aussi à posséder la faculté de choisir. Idéalement nos élèves devraient avoir la possibilité de vivre, de travailler, de voyager à Madagascar comme à l'étranger sans craindre la barrière de la langue. En ce qui concerne les langues :
- le malgache : l'importance de l'apprentissage de la langue nationale de manière uniforme sur tout le territoire n'est plus à démontrer. Il participe de façon déterminante à la cohésion du gourpe humain qu'est la nation, tout en véhiculant les valeurs ancestrales et républicaines qui sont les nôtres.
- l'anglais, parce qu'à l'heure de l'ouverture au monde , ansi que de sa conquête, la raison pratique nous impose ce choix.
- le français parce qu'il s'agit d'une richesse qui nous a été certes imposée, mais que l'on doit savoir exploiter et maintenir à notre profit.
L'usage identique de ces deux langues étrangères doit permettre de contenir les influences de l'une et de l'autre sur notre culture, le monopole risquant toujours de réveiller des velléités de domination économique, politique, intellectuelle, culturelle.
- L'ambition de former des adultes responsables :
Les enseignants ont , entre autres choses, pour tâche de faire comprendre aux élèves qu'ils disposent de droits naturels inhérents à tout être humain : la liberté, l'égalité des chances et la dignité.
Ces droits s'accompagnent, bien entendu, de devoirs que les élèves devront apprendre au plus tôt.
- le devoir de Justice : c'est à dire respecter l'autre, notre semblable et tout ce qui lui appartient, intégrer l'idée de mérite et d'équité,
- le devoir de tolérance : selon un républicain français du 19ème siècle, « il consiste à n'imposer jamais ses sentiments par la force, à respecter les convictions, les cultes, enfin la conscience de tous les hommes ». Esprit nécessaire à la construction d'un avenir propère et serein. Justice et tolérance ne peuvent qu'engendrer une fraternité, base du civisme, modèle pour la nation ,
- le fihavanana : cette valeur fondatrice issue de notre rapport au monde . Chaque Malgache formant une unité avec sa famille (razana), sa communauté vivante (fokonolona), et son environnement (tontolo iainana) et dans le même temps, parfaitement conscient d'être une individualité propre dépositaire d'une humanité qu'il ne saurait avilir. Cette valeur doit être transmise afin qu'elle soit vécue dans la plénitude de sa richesse, en harmonie avec celles de Justice et de tolérance.
L'école transmet donc connaissances et valeurs, forme l'enfant à sa propre culture et à celle du monde. Cette dimension culturelle revêt une importance extrême, elle détermine la nature et le devenir de la société que l'on souhaite construire.
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